Malgré les améliorations des services de soins de santé maternelle et infantile des dernières décennies, plus de 2,7 millions de bébés sont morts nés lors de l’accouchement. L’étude analyse l’impact psychosocial de la mortinatalité sur les parents et les autres membres de la famille, afin d’améliorer la prise en charge de ces situations de deuil.

Les symptômes psychosociaux négatifs après le deuil incluent des sentiments contradictoires dans les décisions prises lors de la mort du bébé telles que : éviter de s’en souvenir, l’anxiété ou le souci pour d’autres enfants, la douleur chronique et la fatigue et une approche différente de l’utilisation des services de santé. En outre, un grand nombre de mères se culpabilisent de la mort du bébé qu’elles interprètent comme un « échec de leur corps ». Elles se sentent également honteuses et coupables de ne pas avoir donné naissance à une vie. Cette culpabilisation est très souvent liée à la douleur physique, elles négligent leur aspect physique et leur activité sexuelle diminue.

Dans les études analysées provenant de pays en voie de développement, la stigmatisation et la pression pour donner la priorité ou retarder la grossesse lors des grossesses suivantes étaient des sujets très récurrents.

Une autre étude menée en Australie en 2014 constatait également le rôle important joué par les professionnels de la santé dans la prise en charge des parents et des familles. À ce sujet, l’étude souligne le manque d’une prise en charge et d’un soutien de qualité. Pour améliorer cette prise en charge, l’étude recueille trois principaux aspects dont il faut tenir compte lors de la prise en charge des parents qui ont souffert une mortinatalité : le respect de l’individu et de la diversité du deuil, le respect de la mort du bébé, et reconnaître la capacité de l’être humain de se remettre de ces expériences vitales.

Les auteurs concluent que les parents qui ont connu la mort prématurée d’un enfant peuvent se remettre et développer de nouvelles compétences et capacités. En dépit de cela, la complexité des données fait ressortir la nécessité d’améliorer les programmes de prise en charge du deuil, qui doivent inclure un soutien émotionnel, psychologique et financier pour les parents et pour le reste de la famille, et cette prise en charge devrait se poursuivre lors de la grossesse suivante. Finalement, ils recommandent que les études à venir se centrent sur des programmes d’interventions qui permettent de réduire les coûts psychosociaux des mortinatalités.


Burden C, Bradley S, Storey C, Ellis A, Heazell A, Downe S, Cacciatore J and Siassakos D. From grief, guilt pain and stigma to hope and pride – a systematic review and meta-analysis of mixed-method research of the psychosocial impact of stillbirth. BMC Pregnancy and Childbirth, janvier 2016.
Disponible sur : http://bmcpregnancychildbirth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12884-016-0800-8