Alors qu’il a été démontré que l’emploi avait un effet très positif pour les personnes atteintes de dépression grave, certaines attitudes des collègues de travail et des employeurs s’avèrent négatives pour ces patients. Aujourd’hui, on ignore en partie la façon dont la stigmatisation et la discrimination affectent la participation au travail des personnes souffrant de ce trouble. Dans ce contexte, l’article analyse les résultats d’une enquête menée dans 35 pays auprès de personnes souffrant d’une dépression grave et en âge de travailler.

Les résultats de l’étude montrent que 62,5 % des personnes interrogées affirment avoir souffert de discrimination au travail. Dans les pays les plus développés, 60 % ont abandonné leur recherche de travail ou de formation en raison d’une discrimination passée. Les personnes interrogées ressentent une stigmatisation liée au chômage, à la détérioration de leur qualité de vie et à l’existence de plus grandes barrières professionnelles et sociales. En ce sens, le fait d’avoir être discriminé sur le lieu de travail est directement lié au chômage à cause de la stigmatisation sociale existante lors du recrutement de personnes qui ont souffert d’un problème de santé mentale.

Malgré la prévalence élevée de troubles mentaux, la plupart des personnes éprouvent une certaine réticence à révéler qu’elles souffrent d’un trouble mental et les employeurs ignorent souvent que leurs travailleurs ont ce type de problème. De fait, dissimuler la maladie pourrait être l’option la plus pertinente car les entrepreneurs tendent souvent à avoir une image plus négative d’un employé atteint de dépression que d’un employé souffrant d’un problème physique, à circonstances égales.

L’article conclut qu’indépendamment du pays ou de la culture, les personnes souffrant d’une dépression grave affirment avoir être discriminées sur leur lieu de travail. Pour renverser cette situation, les programmes visant à réduire la stigmatisation et la discrimination doivent inclure les employeurs et les professionnels de la santé au travail, ceux-ci jouant un rôle clé dans le changement des attitudes et des pratiques qui doit être mené sur les lieux de travail.

 


Source : The ASPEN/INDIGO Study Group. Discrimination in the workplace, reported by people with major depressive disorder: a cross-sectional study in 35 countries. BMJ Publishing Group, Février 2016. Disponible sur : http://bmjopen.bmj.com/content/6/2/e009961.full