En 2000, l’Organisation mondiale de la santé a affirmé que le suicide, lorsqu’il est la cause unique du décès, représente la cause de mortalité la plus fréquente dans les établissements pénitenciers.

Le suicide dans les prisons espagnoles a augmenté, et est passé de la troisième à la deuxième cause de mortalité actuellement. La mort naturelle est la première cause et les décès liés aux drogues, la troisième. En deux ans -de 2011 à 2013-, le pourcentage de décès par suicide a presque doublé.

Les troubles psychiatriques les plus fréquents au sein de la population carcérale à risque suicidaire sont la dépendance aux substances psychoactives, les troubles affectifs et les troubles psychotiques. Concernant les troubles psychotiques, certains auteurs soulignent qu’il est important de prendre en compte les symptômes positifs spécifiques, et de ne pas se limiter simplement au diagnostic.

Outre les facteurs psychopathologiques, l’article souligne d’autres variables sociodémographiques et juridiques pour expliquer la conduite suicidaire. Par exemple, le fait d’être un homme, d’être en détention provisoire, de ne pas avoir de partenaire amoureux ou bien encore l’isolement social, le fait d’avoir déjà fait l’objet d’une condamnation préalable, de purger sa peine dans son pays d’origine, d’avoir plus de 40 ans et les crimes violents augmentent le risque de développer une conduite suicidaire -idéation, tentative et suicide-. Concernant l’âge, des recherches indiquent que la jeunesse est un facteur de risque.

L’article a pour but d’établir le niveau de risque suicidaire chez les hommes ayant fait l’objet d’une condamnation dans les établissements pénitenciers andalous et d’étudier le lien de ce risque avec un ensemble de variables sociodémographiques, judiciaires et psychiatriques. Parmi les personnes détenues analysées, soit un échantillon de 477 prisonniers, 34,2 % ont déjà pensé au suicide et 22,5 % des détenus interrogés ont déjà commis au moins une tentative de suicide dans leur vie.

Enfin, les auteurs soulignent la nécessité, étant donné la prévalence des variables psychopathologiques au sein de la population pénitentiaire, de réaliser un diagnostic exhaustif pendant la détention dans les centres pénitentiaires en vue de prévenir le suicide. De même, le traitement des troubles psychopathologiques par des équipes professionnelles de santé mentale pendant la détention est indispensable.

Le suicide est l’une des principales causes de mortalité dans le monde, avec près de 800 000 morts par an. Il est prévu qu’en 2020 ce phénomène atteigne le million et demi de décès.  

*Soma&Psy a élaboré un rapport de recommandations pour un plan de prévention du suicide qui peut être téléchargé sur le lien suivant : http://somapsy.org/publicaciones-somapsy/

 


Source: Saavedra J, López M. Riesgo de suicidio de hombres internos con condena en centros penitenciarios. Elsevier: Revista de Psiquiatría y Salud Mental, Septiembre 2013. Disponible en: http://www.elsevier.es/es-revista-revista-psiquiatria-salud-mental-286-articulo-riesgo-suicidio-hombres-internos-con-S1888989113000839